Depuis le début des années 2000, un réseau de scientifiques cherche à établir les rapports de causalité entre le dérèglement climatique dû aux activités humaines et les événements climatiques extrêmes. On appelle cela la science de l’attribution.

La science de l’attribution est un domaine de recherche plutôt récent puisque les premières études d’attribution remontent au début des années 2000. L’idée c’est d’évaluer si le dérèglement climatique a rendu tel évènement météo extrême plus ou moins probable. Sans les émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine, les inondations en Espagne auraient-elles été aussi violentes ? Se seraient-elles tout simplement produites ?
:à lire aussiLe réchauffement climatique nuit gravement à la santé, selon un rapport
Évidemment, la question est complexe. Pour tenter d’y répondre, les chercheurs se basent sur des données statistiques, des modèles météos avec des températures qui varient selon les scénarios. Exemple avec la canicule de 2003 qui a donné lieu à l’une des premières études d’attribution publiée dans la revue Nature(Nouvelle fenêtre). Les scientifiques ont conclu que les activités humaines avaient au moins multiplié par deux le risque qu’une telle vague de chaleur ne survienne.
Tous les épisodes ne sont pas liés au réchauffement
Il existe désormais un réseau dédié à ce domaine de recherche, la World Weather Attribution(Nouvelle fenêtre), créée en 2014. C’est un réseau scientifique international qui, comme son nom l’indique, mène des études d’attribution. Les chercheurs le reconnaissent : tous les phénomènes météos extrêmes ne sont pas rendus plus fréquents et plus graves par le changement climatique. Il faut donc rester prudent sur l’attribution. Mais l’objectif de ce réseau, c’est bien de communiquer les résultats des recherches le plus rapidement possible, quelques semaines voire quelques jours après un événement, ce qui va un peu à contre-courant des études scientifiques traditionnelles qui nécessitent du temps et des relectures.
Mais les climatologues assument, notamment pour sensibiliser au maximum le grand public. Et ce genre d’études peut aussi être utilisé devant les tribunaux car les procès climatiques se multiplient et les plaignants ont parfois besoin de ce genre d’arguments scientifiques pour peser.
:à lire aussiRéchauffement climatique : au Japon, des jeunes attaquent en justice les grands électriciens et plusieurs industriels
C’est ce qui s’est passé il y a trois ans avec le président brésilien Jair Bolsonaro, visé par une plainte déposée auprès de la Cour pénale internationale. L’ONG a l’origine de ce recours s’était alors appuyée sur une étude établissant un lien entre la déforestation en Amazonie et une aggravation de la mortalité liée au réchauffement climatique.
