Les mutilations génitales féminines (MGF) continuent de menacer la santé reproductive des femmes. Pour répondre à ce fléau, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a lancé un atelier de trois jours à Dakar, à partir du 30 juillet 2025, intitulé « Les enjeux et défis liés à la santé de la reproduction – Renforcement de la qualité des interventions concernant les MGF ».
Chercheurs, universitaires et experts de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) se réunissent pour analyser la production, la fiabilité et l’utilisation des données sur les MGF.
L’objectif est de discuter des violences faites aux femmes et aux filles via les MGF, de la collecte des données empiriques, ainsi que des politiques et stratégies pour éradiquer cette pratique. Au Sénégal, malgré les efforts, les MGF persistent, notamment à Kédougou, où 90 % des femmes de 15 à 49 ans sont concernées, selon l’UNICEF.
La présidente de la CNDH, Pr Amsatou Sow Sidibé, a dénoncé les MGF comme une « forme extrême de discrimination », violant les droits à la santé, à la sécurité, à l’intégrité physique et à la vie dans les cas mortels. Les conséquences incluent des complications lors des grossesses et accouchements, des douleurs chroniques et des traumatismes sexuels marqués par la peur et le rejet.
La CNDH souligne la difficulté d’obtenir des statistiques fiables, les excisions étant souvent pratiquées en secret. Face aux coûts élevés des soins pour les victimes, la Commission s’engage à poursuivre cet effort au-delà de l’atelier, en promouvant un engagement multisectoriel et durable, centré sur les droits humains.
