Les polémiques autour du marché d’électrification rurale impliquant l’ASER et la société AEE Power continuent d’alimenter le débat public. À cette controverse s’ajoute désormais une autre affaire qui secoue le ministère de l’Agriculture : le projet Intermaq. Face aux nombreuses zones d’ombre évoquées dans ces dossiers, des lanceurs d’alerte annoncent leur intention de constituer un dossier qu’ils comptent transmettre prochainement à l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC).

L’attention de ces acteurs se concentre particulièrement sur le projet Intermaq, un marché estimé à près de 85 milliards de francs CFA. Le dossier fait débat depuis les déclarations du ministre de l’Agriculture, Mabouba Diagne. Celui-ci avait d’abord présenté ce projet comme une initiative majeure destinée à moderniser l’agriculture sénégalaise grâce à la livraison de 3 000 équipements motorisés, notamment des tracteurs et des motopompes, afin d’améliorer la productivité et de réduire les pertes post-récolte.

Cependant, le ministre a par la suite évoqué l’existence possible d’une surfacturation estimée à environ 12 milliards de francs CFA. Des déclarations qui ont rapidement suscité de nombreuses réactions dans l’opinion publique, d’autant qu’aucun rapport officiel d’audit ou d’inspection n’a, pour l’instant, confirmé ces accusations.

Pour les lanceurs d’alerte, une saisine formelle de l’OFNAC apparaît comme la meilleure voie pour faire la lumière sur ces dossiers. Ils estiment qu’une enquête indépendante permettra d’examiner les contrats et de vérifier si les procédures ont été respectées lors de l’attribution et de l’exécution de ces marchés publics.

Transparence et reddition des comptes

Selon ces membres de la société civile, la gestion des finances publiques doit impérativement répondre aux principes de transparence et de responsabilité. Les montants évoqués dans ces deux dossiers sont particulièrement importants : environ 37 milliards de francs CFA pour l’électrification rurale et près de 85 milliards pour le projet Intermaq.

« Les citoyens ont le droit de savoir comment les ressources publiques sont utilisées », affirment-ils, appelant à une clarification rapide.

En saisissant l’OFNAC, ces lanceurs d’alerte espèrent contribuer à renforcer la culture de la reddition des comptes. Pour eux, au-delà des montants en jeu, c’est surtout la confiance des citoyens envers les institutions publiques qui est en question. Une enquête indépendante pourrait ainsi permettre d’éclairer l’opinion et d’apaiser un débat marqué par de nombreuses interrogations.