C’est un coup de tonnerre invraisemblable. Le Sénégal s’est vu retirer son titre de champion d’Afrique, ce mardi 17 mars 2026. Le Maroc est déclaré vainqueur de la CAN sur tapis vert (3-0), trois mois après la chaotique finale du tournoi continental émaillée d’incidents. Une décision choc prise par le jury d’appel de la CAF, qui plonge le football africain dans une crise sans précédent.
Le 18 janvier, lors de la finale à Rabat, le Sénégal s’était imposé 1-0 au terme d’un scénario rocambolesque. À la suite d’un penalty accordé au Maroc dans le temps additionnel, juste après un but refusé aux Lions, des joueurs sénégalais avaient temporairement quitté la pelouse avant de revenir, tandis que des supporters tentaient d’envahir le terrain. Après l’échec de Brahim Diaz sur penalty, les prolongations avaient permis au Sénégal de l’emporter grâce à Pape Gueye. Mais la réclamation marocaine aura finalement abouti à ce retournement de situation historique.
Les Sénégalais entre sarcasme et indifférence
Pourtant, du côté de Dakar, l’ambiance n’est pas à l’émeute. Sur les réseaux sociaux, les joueurs affichent fièrement leurs photos avec le trophée, comme pour défier une instance qui leur a retiré sur le bureau ce qu’ils avaient gagné sur le terrain. Pape Demba Diop, Pathé Ciss et Moussa Niakhaté multiplient les publications ironiques. « C’est réel », a lancé le défenseur de l’OL, feignant l’incrédulité.
Dans la capitale sénégalaise, l’heure est à l’humour et au sarcasme. « Les Sénégalais ne croient pas ce qu’ils ont vu ou lu sur les réseaux sociaux, il y a beaucoup d’humour », témoigne Élimane Ndao, correspondant de France 24. Une indifférence apparente qui tranche avec la gravité de la décision.
La FSF prépare sa riposte devant le TAS
Officiellement, la Fédération sénégalaise de football n’a pas réagi. Un silence pesant, à peine troublé par le partage d’une vidéo de célébration sur X. Mais en coulisses, la machine judiciaire s’active. La FSF dispose de dix jours pour saisir le Tribunal arbitral du sport (TAS), seule instance compétente pour contester la décision du jury d’appel de la CAF.
« La commission de discipline a donné la victoire au Sénégal et ce jury la donne au Maroc. La belle se jouera en Suisse devant le Tribunal arbitral du sport », résume Karim Baldé, spécialiste du football africain.
Le Maroc joue l’apaisement
De son côté, la Fédération marocaine a rapidement communiqué, jouant la carte de la sérénité et du respect des règlements. Elle assure que sa démarche « n’a jamais eu pour objet de contester la performance sportive des équipes engagées » et réaffirme « son attachement au respect des règles, à la clarté du cadre compétitif ». Les Marocains savent que la bataille est loin d’être terminée et que le TAS aura le dernier mot.
Au final, ce feuilleton judiciaire pourrait durer des mois. D’un côté, une instance africaine qui tente d’imposer son autorité. De l’autre, une fédération sénégalaise déterminée à défendre ce qu’elle considère comme un titre légitime. Et entre les deux, des supporters qui préfèrent en rire, convaincus que sur le terrain, ce sont bien les Lions qui ont soulevé la coupe. Le reste n’est que formalité administrative.


