Dans la région de Kédougou, longtemps considérée comme une terre d’or, un constat s’impose : la jeunesse tourne le dos à la terre nourricière au profit de la migration, de l’orpaillage ou d’un exode vers les centres urbains. Pourtant, l’agriculture reste un levier puissant pour un développement durable, inclusif et local.

Kédougou est dotée d’un sol fertile, d’une pluviométrie relativement abondante et d’une diversité de cultures possible : maïs, fonio, mil, fruits tropicaux… Malgré ce potentiel, le secteur agricole reste faiblement exploité. La jeunesse, souvent en quête de gains rapides, voit dans les mines artisanales ou l’émigration une voie plus directe vers la réussite. Mais à quel prix ?

Le retour vers l’agriculture est aujourd’hui une nécessité stratégique. Il s’agit non seulement de répondre à l’insécurité alimentaire croissante, mais aussi de redonner vie à des villages vidés de leur force vive. Plusieurs projets locaux, portés par des ONG, des coopératives ou des jeunes entrepreneurs, montrent que l’agriculture peut être moderne, rentable et respectueuse de l’environnement.

De plus, l’État et ses partenaires investissent dans l’agroécologie, l’irrigation, la formation professionnelle et l’accès au financement pour accompagner cette transition. C’est l’occasion pour les jeunes de se former, d’innover et de créer de la valeur ajoutée localement.

Revaloriser l’agriculture à Kédougou, ce n’est pas revenir en arrière. C’est au contraire faire le choix de l’autonomie, de la stabilité et du développement durable. Les jeunes, par leur énergie et leur créativité, sont les piliers de ce renouveau agricole tant attendu.