Face à la proposition de M. Clédor Séné d’utiliser la tourbe comme combustible, Oudy Diallo, président de l’association Alerte Kédougou Environnement, a réagi vivement sur Facebook, mettant en garde contre les dangers écologiques d’une telle exploitation. Pour ce militant engagé, cette solution représenterait une menace grave pour les écosystèmes fragiles des Niayes, une zone côtière cruciale pour la biodiversité et les ressources en eau.
Dans son post, Oudy Diallo rappelle que la tourbe au Sénégal se forme principalement dans les Niayes, une région caractérisée par des dépressions humides où la matière organique s’accumule lentement. Ces tourbières, déjà fragilisées par l’érosion et les changements climatiques, jouent un rôle essentiel dans la régulation hydrique et abritent une biodiversité unique.
« La tourbe n’est pas une simple ressource énergétique, c’est un écosystème complexe qui met des milliers d’années à se former », insiste-t-il. Son extraction massive pourrait assécher les nappes phréatiques, déstabiliser les sols et aggraver les risques d’incendies incontrôlables, comme cela s’est déjà produit à Diogo.
Monsieur Diallo,ce Kédovin bon teint dénonce une vision court-termiste qui privilégierait le profit au détriment de l’environnement. « Évitons de voir l’argent partout ! », lance-t-il, soulignant que les tourbières sont bien plus précieuses comme puits de carbone et réservoirs d’eau que comme combustible.
Pour lui, la solution ne réside pas dans l’exploitation de la tourbe, mais dans la promotion d’énergies renouvelables durables (solaire, biogaz) et dans une gestion rationnelle des forêts existantes.
Connu pour ses prises de position sans concession, Oudy Diallo est un acteur clé de la lutte pour la protection de l’environnement au Sénégal. Son association, Alerte Kédougou Environnement, mène régulièrement des campagnes de sensibilisation et des actions sur le terrain pour défendre les écosystèmes menacés.
Sa réaction intervient dans un contexte où les questions écologiques sont souvent reléguées au second plan face aux urgences économiques. Pourtant, comme le rappelle Diallo, « la destruction de notre environnement, c’est une facture que nos enfants devront payer très cher ».
Alors que le débat sur les alternatives au bois de chauffage continue, la position d’Oudy Diallo rappelle l’importance de penser l’avenir sans compromettre les équilibres naturels. Les autorités et la société civile seront-elles à l’écoute ?
par PAPA MATAR THIOBANE
