La proposition du groupe parlementaire Pastef visant à supprimer ou modifier les articles L29 et L30 du Code électoral suscite une vive polémique au Sénégal. Ces dispositions, héritées de 1976, prévoient l’inéligibilité automatique pour des condamnations à plus de trois mois de prison ferme ou une amende dépassant 200 000 F CFA.

Les partisans de la réforme, menés par Pastef, dénoncent des seuils obsolètes qui ne correspondent plus à la réalité économique et une arme politique utilisée par les régimes successifs pour écarter des adversaires, comme ce fut le cas pour Ousmane Sonko lors de la présidentielle de mars 2024.

L’opposition y voit au contraire une « loi de circonstance » et une « loi sur mesure » destinée à sécuriser l’éligibilité future d’Ousmane Sonko. Des voix critiques, comme celle d’Alioune Tine, dénoncent un « péché de méthode » et appellent à un consensus national plutôt qu’à une réforme unilatérale parlementaire.

Au-delà des clivages politiques, experts et société civile s’accordent sur la nécessité de moderniser ces règles pour les adapter aux réalités économiques et démocratiques actuelles. Reste à savoir si cette réforme se fera dans le consensus ou par la force d’une majorité mécanique à l’Assemblée.