L’école élémentaire Ndiarka Diagne, située à Guédiawaye, est secouée par une affaire inédite. Deux de ses enseignants, El H. A. Ndao (46 ans) et A. A. Wellé (61 ans), ont été placés sous mandat de dépôt. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, diffamation, injures publiques, ainsi que collecte et diffusion illicites de données personnelles.
Selon le quotidien Libération, tout a commencé avec une plainte déposée par I. Diop, le directeur de l’établissement. Ce dernier a expliqué aux enquêteurs de la Division spéciale de cybersécurité (DSC) que son collègue Ndao avait envoyé sur les messageries de tout le personnel des messages vocaux d’une violence inouïe. Dans ces enregistrements, le directeur se faisait traiter de « goordjiguen », de « pervers sexuel » et de « personne sans valeur ».
L’enquête révèle également qu’A. A. Wellé aurait, à l’insu du directeur, enregistré une conversation privée avec lui, avant de transmettre le fichier à son collègue Ndao. Ce dernier a ensuite partagé l’audio à l’ensemble des employés de l’école, accompagné d’un message mensonger laissant croire à un complot organisé par I. Diop contre lui.
Face aux preuves techniques, les deux hommes ont fini par reconnaître les faits. Devant les enquêteurs, ils « se sont confondus en excuses », mais cela n’a pas suffi à éviter la procédure judiciaire. Ils ont été déférés au parquet et placés sous mandat de dépôt. Leur procès est prévu ce vendredi devant le tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye, selon la même source.
FATOUMATA SALL
