Le maire de la Médina, Bamba Fall, hausse le ton face à ce qu’il qualifie de tentative d’accaparement d’un terrain communal par l’État sénégalais. Dans une déclaration choc reprise par le journal Les Échos, l’édile appelle les habitants à se rassembler ce matin à 11 heures pour défendre ce qu’il considère comme le dernier poumon foncier de leur quartier.
Sur place, après avoir constaté les premiers travaux, Bamba Fall ne mâche pas ses mots : « Je suis venu constater la démolition de notre terrain par l’État du Sénégal, qui n’a aucun titre de propriété. » Selon lui, le site, initialement réquisitionné par le préfet pour stocker du sable, serait aujourd’hui en train d’être transformé en chantier de construction sans aucune base légale. « Aucune autorisation de démolir, ni aucune autorisation de construire n’a été délivrée par mes services », insiste-t-il, rappelant que la commune est la seule détentrice du titre foncier.
Le maire dénonce un « passage en force » et pointe ce qu’il considère comme une incohérence gravissime : « Dans cette affaire, l’État fait pire que ce qu’il reproche aux collectivités locales. » Il élargit le contentieux à un autre dossier épineux, celui du stade Iba Mar Diop, que l’État aurait refusé de restituer à la commune après la fin des travaux.
Pour Bamba Fall, cet enjeu dépasse sa seule fonction de maire. « Ce n’est pas le combat de Bamba Fall, mais celui de toute la population de la Médina. » Il appelle donc à une mobilisation collective et durable, prévenant que le mouvement se poursuivra « jusqu’à ce que le terrain soit restitué à la Médina ».
Fatoumata Sall
