Face aux défis sécuritaires croissants dans l’est du Sénégal, un accent particulier est désormais mis sur le rôle des communautés locales dans la prévention de l’extrémisme violent. À Kédougou, experts, autorités administratives et acteurs communautaires se mobilisent autour d’une approche basée sur la résilience communautaire et le dialogue interreligieux.

Le directeur régional du Timbuktu Institute, Bakary Sambe, plaide pour une implication renforcée des leaders religieux, traditionnels et communautaires. Selon lui, ces acteurs constituent des piliers essentiels pour bâtir un “dialogue éclairé” capable de prévenir les dérives extrémistes.

Cette orientation s’inscrit dans le cadre du projet SEN Résilience II, qui vise à renforcer les capacités des populations locales des régions de Kédougou et de Tambacounda face aux menaces sécuritaires. Soutenue par la Fondation Konrad Adenauer avec l’appui de l’Union européenne, cette initiative repose notamment sur l’organisation de dialogues interreligieux et de sessions de sensibilisation.

Dans un contexte régional marqué par des dynamiques transfrontalières complexes, les autorités locales saluent cette démarche. Lors d’une rencontre réunissant plusieurs leaders communautaires, l’adjoint au gouverneur chargé du développement, El Hadji Mouhamadoul Moustapha Gaye, a insisté sur la nécessité pour chaque acteur de s’approprier les outils de prévention et de promotion de la paix.

Les travaux menés par le Timbuktu Institute entre 2022 et 2024 ont mis en évidence à la fois la stabilité sociale relative de ces zones et leur exposition à des risques socioreligieux et sécuritaires. Ils soulignent également l’importance stratégique des leaders locaux, considérés comme des relais crédibles dans la prévention des conflits.

De son côté, la cheffe du projet SEN Résilience II, Wolly Lo, appelle à une meilleure coordination des initiatives et à une implication active des communautés. Elle met en avant la richesse des mécanismes traditionnels de résolution des conflits, tels que l’arbre à palabres, comme leviers à valoriser.

Au-delà des actions de sensibilisation, la stratégie vise aussi à instaurer des cadres durables d’échanges et de concertation, favorisant la cohésion sociale et la prévention des tensions. Pour les acteurs engagés, la consolidation de la paix passe avant tout par un engagement collectif, où chaque communauté joue pleinement son rôle.