L’histoire avait ému les internautes. Un père de famille de 56 ans, Mouhamed Aly Srour, contraint de quitter avec sa famille la maison qu’il avait construite à la Cité Mourtalla, sur une aile de la VDN, après une bataille judiciaire perdue face à un influent homme d’affaires. Touchée par son sort, la toile s’était mobilisée, allant jusqu’à lancer une cagnotte pour l’aider à racheter le terrain litigieux et conserver sa villa. Mais dans un entretien accordé à L’Observateur, Moustapha Ndiaye, célèbre importateur de riz, oppose une fin de non-recevoir et livre une tout autre version des faits. Il y a sept ou huit ans, il acquiert ce terrain et y installe des gardiens. Un jour, on l’informe qu’un individu est en train de déblayer pour construire. Il se rend sur place, constate les faits et alerte la Dscos. Peu après, Mouhamed Aly Srour se présente à son bureau : « Dès qu’il a franchi le pas, il s’est mis à genoux et a éclaté en sanglots. Pris de pitié, je lui ai demandé quelle solution il proposait. Il m’a dit : vendez-moi le terrain. » Moustapha Ndiaye accepte, lui propose un paiement échelonné à 50 millions de francs CFA. Aly Srour repart comblé. Mais quelques jours plus tard, un ami notaire l’appelle : une personne s’est présentée avec une procuration pour vendre le terrain. Interrogé, Aly Srour explique qu’une femme lui a proposé de le revendre plus cher. « J’ai alors mis les points sur les i. Je lui ai dit qu’il n’y avait plus d’accord. Pourquoi n’a-t-il pas porté plainte contre cette femme s’il a été escroqué ? »
Pendant toute la procédure judiciaire, Mouhamed Aly Srour continue de construire. Moustapha Ndiaye gagne en première instance puis en appel, mais la maison est achevée et habitée. Un médiateur haut placé tente une conciliation. Moustapha Ndiaye accepte de vendre aux conditions initiales, mais le médiateur revient en se lavant les mains : Aly Srour n’est pas solvable. En 2025, le dossier est définitivement jugé, et l’expulsion est enclenchée. Aly Srour pleure chez l’imam du quartier, affirmant n’avoir pas de caution pour déménager. Touché, un ami de Moustapha Ndiaye le convainc d’aider le père de famille. Le 27 décembre, devant l’imam et un témoin, Moustapha Ndiaye remet 10 millions de francs CFA à Aly Srour, qui signe une décharge l’engageant à libérer les lieux en février 2026. Mais il refuse de partir. « Tout est sur la décharge : sa signature, celles du témoin et de l’imam. »
« À tous ceux qui me jettent aux orties, je demande : qui est la vraie victime ? s’indigne Moustapha Ndiaye. Il propose d’acheter, puis dit n’être pas solvable. Il pleure pour une caution, je lui donne 10 millions, il les encaisse et ne part pas. Je ne sais plus quoi faire. » Interrogé sur une éventuelle vente à 300 millions, il éclate de rire : « Nous ne sommes plus dans le cadre d’une vente. Cela n’a plus rien à voir avec l’argent, c’est une question de principe. S’il avait mille milliards, je n’en voudrais pas. Si les Sénégalais veulent l’aider, grand bien leur fasse, mais moi je dis : c’est un manipulateur. Il a toujours mes 10 millions avec lui. »
