Dans le sud du Liban, des dizaines de villages ont été entièrement détruits par l’armée israélienne, selon des images satellites, des photos de l’AFP et des témoignages d’habitants déplacés. Les autorités libanaises accusent Israël de commettre un « urbicide » – une stratégie visant à anéantir des villes. Depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, plus de 50 000 bâtiments et 56 000 hectares de terres agricoles ont été détruits ou endommagés, sans qu’écoles, lieux de culte ou infrastructures vitales soient épargn
Hala Farah, déplacée de Yaroun à Beyrouth, collecte photos et vidéos de son village pour préserver sa mémoire. « Tout a été détruit, il ne nous reste que les souvenirs », dit-elle. Comme elle, des déplacés se cotisent pour acheter des images satellites à 140 dollars pièce afin de constater l’étendue des dégâts. La destruction s’est poursuivie après la trêve du 17 avril, notamment à Bint Jbeil, rasée en un mois, y compris son stade symbolique. Selon le CNRS libanais, plus de 290 000 logements ont été détruits ou endommagés depuis 2023, dont 12 000 pendant la seule trêve, et plus de 3 000 personnes sont mortes.
L’armée israélienne affirme ne viser que des infrastructures du Hezbollah, mais les habitants dénoncent le ciblage de bâtiments civils comme des écoles ou des couvents. Imad Bazzi, ingénieur à Bint Jbeil, parle d’une « destruction systématique » ayant ravagé plus de 75 % de sa ville. Malgré l’agonie de leurs villages, des déplacés comme Hala Farah espèrent reconstruire : « Nous voulons qu’Israël se retire et nous laisse créer de nouveaux souvenirs pour nos enfants. »
FATOUMATA SALL
