Le gouvernement mozambicain a affirmé que cinq de ses ressortissants ont été tués lors des récentes violences antimigrants en Afrique du Sud, faisant état d’environ 800 Mozambicains pris pour cible à Mossel Bay. Selon son communiqué, sept Mozambicains sont morts au total : cinq directement des suites des agressions xénophobes et deux dans un accident de la route alors qu’ils fuyaient le pays.
La police sud-africaine a toutefois contesté ce bilan, dénombrant seulement deux morts mozambicains dans le bidonville d’Asla Park, sans établir de lien formel avec les tensions xénophobes. Le maire de Mossel Bay a pour sa part exprimé sa consternation face aux violences, qui ont provoqué des meurtres, des incendies et des déplacements de familles.
L’Afrique du Sud, première économie du continent, attire de nombreux travailleurs immigrés malgré un chômage élevé et une pauvreté chronique. Le ressentiment envers les étrangers, souvent utilisés comme boucs émissaires, est régulièrement attisé par des discours politiques, notamment à l’approche des élections locales de novembre. Le pays compte environ trois millions d’immigrés en situation régulière, majoritairement originaires d’Afrique australe et de RDC.
Face à la menace d’un ultimatum lancé par un mouvement antimigrants exigeant l’expulsion des sans-papiers d’ici au 30 juin, Maputo craint une aggravation de la situation et organise le rapatriement de ses ressortissants. L’Afrique du Sud a connu plusieurs vagues de violences xénophobes meurtrières par le passé, notamment en 2008 (62 morts) et en 2019 (12 morts).
FATOUMATA SALL
