Une affaire aussi honteuse qu’inédite secoue actuellement la commune de Koungheul, alliant violence sexuelle sur mineure et tentative de corruption morale. Selon les informations de Libération, les enquêteurs du commissariat urbain ont interpellé, le 4 juin dernier, deux personnes : E. Mboup, un élève de 17 ans en classe de troisième, soupçonné de viol sur mineure, et Ndèye Thiam, poursuivie pour complicité et non-dénonciation de crime.
Les faits ont été révélés deux jours plus tôt, lorsque le père de la victime s’est présenté au commissariat, accompagné de sa fille B. Pène, une collégienne de 14 ans orpheline de mère. Il y a dénoncé les abus sexuels répétés dont l’adolescente aurait été victime alors qu’elle vivait chez sa grand-mère maternelle, Ndèye Thiam.
Entendue par les enquêteurs, la jeune fille a non seulement confirmé les agressions commises par son camarade de collège, mais elle a aussi livré un détail accablant : sa propre grand-mère aurait négocié et encaissé une somme d’argent de la part de la famille du suspect pour étouffer l’affaire.
E. Mboup, interpellé à son domicile situé au quartier Diamaguène, a reconnu avoir eu un rapport sexuel avec la victime, tout en tentant de le justifier par une relation amoureuse. Il a néanmoins confirmé que, dès que la grand-mère avait eu connaissance des faits, elle avait immédiatement contacté son père, S. Mboup, pour exiger une compensation financière en échange de son silence.
Entendu par la police, le père du mis en cause a apporté des précisions accablantes : la grand-mère aurait d’abord réclamé 600 000 F CFA, avant qu’un accord ne soit trouvé à 150 000 F CFA. Confrontée à ces révélations, Ndèye Thiam a fini par avouer la transaction lors de sa convocation devant les enquêteurs. Pour tenter de se dédouaner, elle a avancé que cette somme était destinée aux frais médicaux de sa petite-fille, une justification que la source qualifie de peu crédible au vu des charges retenues contre elle.
FATOUMATA SALL
