Israël et l’Iran ont repris leurs attaques directes pour la première fois depuis la trêve conclue il y a deux mois, anéantissant les espoirs de Donald Trump de parvenir rapidement à un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. Depuis dimanche soir, l’Iran a tiré six salves de missiles contre Israël en réponse à une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, qui a fait deux morts et vingt blessés. Téhéran a présenté ces tirs comme un « avertissement » et menace d’une « riposte plus large ». En représailles, l’aviation israélienne a bombardé des cibles militaires dans l’ouest et le centre de l’Iran, endommageant une usine pétrochimique. C’est la première fois que les deux camps se frappent directement sur leurs territoires respectifs depuis le cessez-le-feu du 8 avril.

À Jérusalem, la population s’est réveillée au son des explosions et des sirènes, les écoles sont fermées et l’armée israélienne se dit en état d’alerte élevée. À Téhéran, une puissante explosion a secoué le ministère des Affaires étrangères. L’Iran a fermé son espace aérien dans l’ouest du pays et suspendu les vols dans les aéroports de la capitale. L’Irak et la Syrie ont également fermé partiellement leur espace aérien. Les rebelles houthis du Yémen, alliés de l’Iran, ont revendiqué une attaque contre Israël et décrété une interdiction de navigation israélienne en mer Rouge, alimentant les craintes d’une extension du conflit.

Sur le plan économique, les prix du pétrole repartent à la hausse et les Bourses mondiales sont dans le rouge face à cette situation fragile et imprévisible. Sur le plan diplomatique, cette reprise des hostilités affecte les pourparlers avec les États-Unis, même si les tractations via le médiateur pakistanais se poursuivent. Donald Trump, qui avait appelé Israël à ne pas riposter, a réaffirmé que c’était lui qui décidait, et non Benjamin Netanyahu, avec qui il a eu des échanges musclés ces derniers jours. L’Union européenne a regretté cette escalade et la Chine s’est dite profondément préoccupée.

Les points d’achoppement restent nombreux pour un éventuel accord de paix, notamment le contrôle du détroit d’Ormuz, le programme nucléaire iranien et le sort des avoirs iraniens gelés à l’étranger. La question du Liban divise également Washington et Téhéran, les États-Unis voulant dissocier les deux fronts tandis que l’Iran exige un accord global. Selon Téhéran, les tirs de missiles ont eu lieu après plus d’un mois de retenue face aux violations répétées du cessez-le-feu par Israël, qui continue ses frappes au Liban. Le bilan humain est lourd : 3 613 morts côté libanais et 29 soldats israéliens tués au Liban depuis le début de la guerre.

FATOUMATA SALL