Face à la vive contestation des professionnels de la pêche, le nouveau Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lô, a choisi la voie de la concertation pour tenter de sortir de l’impasse. Selon le quotidien L’Observateur, le chef du gouvernement a invité l’ensemble des acteurs du secteur (Gaipes, Upames, Caps, Clpa) à une réunion de travail prévue ce mardi à la Primature. L’objectif : examiner la situation critique des pêcheries démersales côtières.
Cette rencontre est perçue comme un premier pas important vers un apaisement des tensions, alors que le secteur est en ébullition depuis la publication de l’arrêté n°009965 du 30 avril 2026. Signé par l’ancienne ministre Dr Fatou Diouf, ce texte autorise exceptionnellement cinq chalutiers industriels à accéder à la pêche démersale côtière, rompant ainsi un moratoire en vigueur depuis près de vingt ans.
Sur le plan environnemental, les professionnels ne cachent pas leur « colère noire ». Ils jugent cette décision « dangereuse » et « incohérente », craignant qu’un accroissement de l’effort de pêche sur des ressources déjà fragilisées n’entraîne « l’effondrement des stocks halieutiques » et ne provoque « un désastre écologique aux lourdes conséquences économiques et sociales ».
La polémique dépasse le seul enjeu écologique. Les acteurs dénoncent également l’opacité entourant l’attribution des cinq licences. Selon eux, cette pratique est en « totale contradiction avec les principes du « Jub, Jubal, Jubanti » » défendus par les autorités, et pourrait violer la récente loi sur le droit à l’information.
Dans ce climat tendu, l’issue de la réunion de mardi sera déterminante. Elle devra répondre à une question cruciale : le gel des licences de pêche démersale côtière, instauré par consensus en 2006 pour éviter un « point de non-retour écologique », sera-t-il maintenu ou définitivement levé ?
FATOUMATA SALL
