À Mbeubeuss, l’immense décharge exploitée depuis 1968 et aujourd’hui en pleine réhabilitation, l’angoisse est à son comble pour des milliers de récupérateurs. Ils sont environ 2 500 à craindre de se retrouver du jour au lendemain sans revenus, faute d’être inclus dans le nouveau projet de modernisation du site.

Dans un entretien accordé au quotidien Le Soleil, Arona Niasse, président de l’Association des récupérateurs de Mbeubeuss, tire la sonnette d’alarme : sur plus de 3 000 travailleurs actuellement présents sur la décharge, seuls 500 seraient intégrés dans le futur dispositif. Une perspective catastrophique pour la grande majorité d’entre eux, qui dépendent entièrement de cette activité pour survivre.

Selon lui, la réhabilitation « crée plus de problèmes qu’elle n’en résout ». Il dénonce notamment le rétrécissement des espaces de travail disponibles, ainsi que des conditions sanitaires toujours dangereuses. « Nous restons exposés à des maladies graves », insiste-t-il, déplorant que les récupérateurs soient les grands oubliés des mesures de protection.

Face à l’urgence de la situation, le représentant des récupérateurs lance un cri du cœur à l’État : il réclame un accompagnement concret, à travers la mise en place de coopératives d’habitat, pour permettre une reconversion digne et une réelle couverture sociale pour ces travailleurs invisibles mais essentiels de l’économie locale.

FATOUMATA SALL