Les câblodistributeurs de Thiès sont montés au créneau pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une tentative délibérée de les étouffer économiquement. Réunis devant la presse, les responsables du groupement ont fustigé un « acharnement systématique » de la part de leur concurrent Canal+, qu’ils accusent de procéder à des démantèlements d’installations sous couvert de luttes contre de supposées captations frauduleuses de signaux.

Selon eux, ces interventions, menées avec le concours des forces de l’ordre, causent des préjudices considérables à leurs activités et touchent directement leurs abonnés. « Des milliers de foyers se retrouvent privés de signal, donc privés d’accès à l’information et au divertissement », ont-ils déploré, soulignant l’impact à la fois social et économique de ces opérations récurrentes.

Les câblodistributeurs affirment avoir obtenu des victoires judiciaires significatives dans ce conflit qui les oppose au géant français. Ils citent notamment des décisions favorables rendues par les cours d’appel de Kaolack, Ziguinchor et Saint-Louis, ainsi que par le Tribunal de grande instance de Louga. Des arrêts qui, selon eux, confirment le bien-fondé de leur position face à ce qu’ils qualifient de pratiques abusives.

Sur le plan financier, le préjudice est lourd. Les démantèlements entraînent la destruction de câbles, la disparition de matériels et la détérioration d’équipements qu’il faut remplacer à neuf. Un manque à gagner et des coûts de renouvellement qui, d’après les responsables, se chiffrent à plusieurs millions de francs CFA.

Qualifiant la situation de « banditisme commercial », les câblodistributeurs en appellent désormais aux plus hautes autorités de l’État : le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, le procureur de la République, ainsi qu’aux autres institutions garantes de la régulation économique. Leur requête est claire : garantir une concurrence loyale et équitable dans le secteur audiovisuel sénégalais.

Ils annoncent également leur intention d’engager des poursuites judiciaires pour destruction de biens, vol, sabotage économique et dénonciation calomnieuse contre toute personne qui porterait atteinte à leurs installations. « Nous irons jusqu’au bout pour protéger nos investissements, le travail de nos équipes et surtout les droits de nos abonnés », ont conclu les responsables, déterminés à ne pas baisser les bras face à ce qu’ils perçoivent comme une guerre économique sans merci.

Mathias