Une vaste affaire de falsification de documents administratifs secoue la commune de Bignona. Quatre personnes ont été déférées au parquet de Ziguinchor pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux en écritures publiques, complicité et obtention frauduleuse de documents administratifs, à la suite d’une enquête menée par l’antenne locale de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT).
Selon les informations rapportées par Libération, le réseau facilitait l’obtention illégale de documents administratifs sénégalais à des ressortissants étrangers, leur permettant ainsi de se faire passer pour des citoyens sénégalais. Parmi les personnes mises en cause figurent M. Amarh, connu sous le nom de « Moussa Bassène », O. Bassène, F. Coly alias « Fakéba » et Ch. O. Diouf.
L’enquête a débuté après une plainte pour une présumée escroquerie portant sur plus de 43 millions de francs CFA. Présenté comme un entrepreneur sénégalais dirigeant une société de BTP basée à Bignona, « Moussa Bassène » s’est révélé être en réalité un ressortissant ghanéen. Pour crédibiliser son identité et convaincre ses victimes, il aurait bénéficié du soutien d’O. Bassène, qui lui aurait fourni les informations d’état civil de ses propres parents afin de lui créer une fausse filiation sénégalaise.
Les investigations ont ensuite mis en lumière des complicités présumées au sein de l’administration locale. Les enquêteurs ont découvert qu’un acte de naissance aurait été introduit de manière irrégulière dans les registres officiels de l’état civil. Selon les éléments recueillis, ce document aurait permis au principal suspect d’obtenir une carte nationale d’identité, un passeport sénégalais, un permis de conduire ainsi que plusieurs documents liés à ses activités commerciales.
L’enquête révèle également l’intervention présumée d’un entrepreneur qui aurait délivré un certificat de résidence comportant de fausses informations, attestant que le suspect résidait à Bignona depuis sa naissance, sans disposer de preuves à l’appui.
Grâce à l’exploitation des transactions financières, des communications téléphoniques et à l’analyse des documents saisis, les enquêteurs de la DNLT ont réussi à reconstituer le fonctionnement du réseau et à identifier les différents protagonistes.
Cette affaire met en lumière les défis liés à la sécurisation des documents administratifs et soulève des interrogations sur les mécanismes de contrôle au sein des services chargés de l’état civil. L’enquête judiciaire se poursuit afin de déterminer l’étendue exacte des responsabilités de chacun.
MATHIAS
