Le projet de révision de la Constitution par référendum porté par le président Bassirou Diomaye Faye suscite des interrogations sur sa faisabilité financière. Pour l’économiste Meissa Babou, le contexte économique actuel ne se prête pas à l’organisation d’un tel scrutin.
Dans un entretien accordé à Wal Fadjri, l’enseignant-chercheur à la FASEG de l’UCAD estime que la tenue d’un référendum exercerait une pression supplémentaire sur des finances publiques déjà fortement sollicitées. Selon lui, le dernier trimestre de l’année 2026 s’annonce particulièrement difficile pour le Trésor public, ce qui rendrait cette initiative peu compatible avec les priorités budgétaires du moment.
Meissa Babou souligne que l’État doit déjà faire face à plusieurs engagements financiers majeurs, notamment la mise en œuvre du Plan de redressement économique et social (PRES), le poids des subventions accordées au secteur de l’énergie ainsi que des échéances de remboursement de la dette qu’il évalue à plus de 5 000 milliards de francs CFA.
L’économiste attire également l’attention sur un calendrier politique chargé. Entre les élections locales prévues au début de l’année 2027 et les autres échéances institutionnelles attendues dans les années suivantes, il considère qu’il serait plus judicieux de reporter ce projet de référendum.
À ses yeux, une telle consultation populaire ne serait pas opportune si elle vise uniquement à faire adopter des dispositions particulières. Il plaide ainsi pour une approche plus rationnelle des priorités de l’État, en privilégiant la stabilité des finances publiques avant l’organisation d’un nouveau scrutin.
MATHIAS
