Johannesburg – Les tensions liées aux manifestations anti-immigration en Afrique du Sud prennent une nouvelle dimension diplomatique. Après l’évacuation de centaines de ses ressortissants victimes de violences xénophobes, le Nigeria envisage désormais de réclamer des réparations aux autorités sud-africaines.
Selon les autorités nigérianes, plus de 550 citoyens ont été rapatriés au cours des trois dernières semaines afin de les mettre à l’abri des violences qui ont visé plusieurs communautés étrangères installées en Afrique du Sud. Le dernier vol de rapatriement a quitté Johannesburg le 30 juin, date correspondant à l’échéance de l’ultimatum lancé par certains manifestants exigeant le départ des immigrés du territoire sud-africain.
À Abuja, le gouvernement nigérian suit de près l’évolution de la situation. Des responsables évoquent la possibilité de demander des réparations pour les dommages matériels, les pertes économiques et les préjudices subis par les ressortissants nigérians, estimant que leur sécurité n’a pas été suffisamment garantie.
Cette nouvelle vague de violences ravive les inquiétudes sur la montée de la xénophobie en Afrique du Sud, un phénomène qui a déjà coûté la vie à plusieurs personnes lors de précédents épisodes et suscité de vives réactions sur le continent.
Le dossier pourrait désormais prendre une tournure diplomatique. Si Abuja confirme officiellement sa demande de réparations, les relations entre les deux plus grandes économies d’Afrique risquent de connaître une nouvelle période de tensions.
Les autorités sud-africaines n’ont, pour l’heure, pas réagi publiquement à cette éventuelle demande. En attendant, plusieurs organisations de défense des droits humains appellent au renforcement des mesures de protection des communautés étrangères et à l’ouverture d’enquêtes sur les violences signalées.Des manifestants sud-africains invectivent de personnes qu’ils considèrent comme des étrangers en situation irrégulière, lors d’une mobilisation organisée par les mouvements « March and March » et « Operation Dudula » pour marquer une date limite non officielle fixée par des groupes citoyens afin que les étrangers en situation irrégulière quittent l’Afrique du Sud, à Johannesburg, le 30 juin 2026.
MOUSSA NIAKHASSO
