Une récente étude de la chercheuse Antonia Juelich, de l’Université de Cambridge, met en lumière l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle par des groupes jihadistes opérant au Nigeria, notamment Boko Haram et la Province de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP). Basée sur des témoignages d’anciens combattants, l’enquête montre que l’IA est désormais intégrée à leur fonctionnement, bien au-delà d’un simple usage ponctuel.
Selon la chercheuse, ces organisations auraient mis en place des équipes spécialement chargées d’explorer les possibilités offertes par des outils d’intelligence artificielle. Des formations auraient même été organisées pour apprendre aux membres à utiliser différents chatbots afin d’obtenir des informations techniques ou d’améliorer certaines de leurs capacités opérationnelles.
L’étude explique que ces outils ont notamment servi à acquérir de nouvelles connaissances, qu’il s’agisse d’adapter des motos pour franchir des obstacles, de comprendre le fonctionnement de matériels récupérés sur le terrain ou encore d’améliorer certaines tactiques de combat. Des témoignages évoquent également des tentatives d’utiliser ces technologies pour obtenir des informations liées à la fabrication d’engins explosifs, soulevant des interrogations sur l’efficacité des mécanismes de sécurité intégrés à certains systèmes d’IA.
Ces conclusions relancent le débat sur les risques liés au détournement des nouvelles technologies par des organisations armées. Si les entreprises spécialisées assurent renforcer continuellement les protections de leurs outils, la chercheuse estime que les garde-fous doivent évoluer au même rythme que les usages malveillants afin de limiter les risques d’exploitation par des groupes extrémistes.
MATHIAS
