Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation traverse une période de fortes turbulences. Selon L’Observateur, cinq responsables de premier plan de la Direction générale de l’Enseignement supérieur (DGES) ont présenté leur démission de manière simultanée, évoquant de profondes divergences avec le ministre Boubacar Camara sur les réformes à mener et l’avenir de l’Université sénégalaise.
Parmi les démissionnaires figurent le Pr Abdoul Aziz Diouf, directeur général de l’Enseignement supérieur, le Pr Babou Diène, directeur de l’Enseignement supérieur public, le Pr Mame Penda Ba, directrice du financement des établissements, le Pr El Hadji Omar Thiam, directeur des études et de la coopération, ainsi que le Pr El Hadji Samba Ndiaye, directeur des affaires académiques et juridiques.
Au cœur du différend se trouve le programme « Espoir-Jeunes », doté de 123 milliards de francs CFA. Pensé pour renforcer la professionnalisation de l’enseignement supérieur, notamment à travers la création de nouveaux Instituts supérieurs d’enseignement professionnel (ISEP) et le financement des contrats de performance des universités, ce projet aurait, selon les responsables démissionnaires, pris une direction différente de celle initialement prévue. Ils estiment que plusieurs mois de travail, notamment sur les volets de la recherche et du numérique, ont été remis en question.
Les cinq anciens responsables regrettent également l’arrêt du programme « Un étudiant, un ordinateur », financé à hauteur de 6 milliards de francs CFA par an. Ils déplorent en particulier l’abandon du projet d’assemblage d’ordinateurs sur les campus, qu’ils considéraient comme un pas important vers la souveraineté numérique et une meilleure transparence dans les marchés publics.
D’après L’Observateur, les démissionnaires affirment avoir porté une vision de transformation de l’enseignement supérieur inspirée de l’Agenda national de transformation de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (ANTESRI), qui prévoit 75 recommandations et 34 projets de textes législatifs et réglementaires. Estimant que cette feuille de route ne peut plus être mise en œuvre dans les conditions actuelles, ils ont choisi de quitter leurs fonctions. La réaction du ministre Boubacar Camara est désormais très attendue.
MATHIAS
