Invité sur le plateau de l’émission « En Vérité » sur la RTS, Abdourahmane Diouf n’y est pas allé par quatre chemins. Le ministre, ancien patron du parti Awalé, a remis sur la table la question brûlante de la gestion des deniers publics à la Primature, visant directement son ancien allié Ousmane Sonko. Une sortie qui tombe à pic, alors que Sonko vient de dissoudre Awalé pour rejoindre KIIRAAY, le mouvement tout neuf du président Bassirou Diomaye Faye.

Sur le fond, Diouf n’a pas lâché ses chiffres. Il a rappelé, sans trembler, que Sonko lui-même avait annoncé disposer de 1,770 milliard de francs CFA par trimestre pour faire tourner la Primature. Mais voilà : cette enveloppe, aussi ronde soit-elle, n’aurait pas suffi.
« Ce que je sais, c’est qu’après avoir utilisé ce montant, il a carrément réclamé une rallonge. Ça veut bien dire que le budget initial n’était pas à la hauteur », a-t-il lancé, laissant planer un doute sur l’usage réel de ces fonds.

Et Diouf ne s’arrête pas là. Il veut des comptes, et pas n’importe comment.

« Moi, j’aurais aimé qu’on installe une commission d’enquête parlementaire, avec les caméras de toutes les télévisions et radios braquées sur les débats. Qu’il nous explique, devant tout le Sénégal, où il a injecté cet argent », a-t-il martelé. Une manière claire de réclamer une transparence totale, façon grand spectacle démocratique.

Mais alors, pourquoi un tel contraste entre Sonko et Diomaye sur ce sujet ?
Là, Diouf enfonce le clou – mais pour mieux distinguer les deux têtes de l’exécutif.

Selon lui, si les fonds politiques attribués au président ont toujours existé, c’est leur gestion qui change radicalement. « Diomaye a eu le courage de dire publiquement : « Voilà l’argent, voilà comment je vais l’utiliser. » Cette transparence, on ne l’avait jamais vue », a-t-il souligné.

Une rupture nette avec l’opacité d’avant, selon le ministre. Et de conclure, avec une pointe de satisfaction :
« Aujourd’hui, nous sommes dans une transparence exemplaire sur l’exécution d’un budget voté par l’Assemblée. Personne ne peut accuser quiconque d’avoir détourné ces fonds. »

En clair : Diouf ne règle pas des comptes personnels, il veut une clarification publique, et il oppose deux visions : celle d’un Sonko au budget jugé insuffisant et mystérieux, et celle d’un Diomaye qui mise sur la clarté. Ambiance tendue, mais salut à la démocratie – du moins, c’est ce qu’il veut faire croire.

MATHIAS