Quatrième et dernière étape de la tournée nationale de la Délégation à l’Entrepreneuriat Rapide des Femmes et des Jeunes (DER/FJ). Conduite par sa directrice générale, le Dr Aïssatou Mbodj, cette étape finale a permis de présenter les résultats du programme BE YES, d’échanger avec les bénéficiaires et de procéder à des remises symboliques de financements et d’avis d’immatriculation à plusieurs Groupements d’Intérêt Économique (GIE).

Saint-Louis : des résultats solides mais des attentes renforcées

À l’antenne départementale de Saint-Louis, le chef d’antenne a dressé le bilan de la première phase. Le département compte 492 bénéficiaires formés, 27 entreprises individuelles et 31 GIE financés, pour un volume total de financement de 83 329 870 FCFA. Les emplois consolidés s’élèvent à 337, avec un taux de remboursement de 76 %. Par ailleurs, 28 millions FCFA sont en cours de décaissement pour 14 GIE, permettant la création de 140 emplois supplémentaires. Au total, ce sont 111 329 870 FCFA qui ont été mobilisés pour 45 GIE et 27 entreprises individuelles, générant 477 emplois, dont 79 % occupés par des femmes et 5 % par des personnes en situation de handicap. Sur les 492 personnes formées, 74 % sont des femmes et 7 % des personnes handicapées. Le montant recouvré s’élève à 16 192 917 FCFA, soit un taux de remboursement de 76 %.

Parmi les bénéficiaires, un GIE composé de personnes handicapées, actif dans l’élevage de poulets, s’est dit satisfait de la formation reçue et de l’accompagnement. Dans son allocution, le Dr Aïssatou Mbodj a déclaré : « J’attends plus de Saint-Louis, et je sais qu’il peut le faire. » Elle a rappelé le cadre du programme : « BE YES est réalisé avec notre principal partenaire, la Mastercard Foundation. Lancé en juillet 2024, ce projet fixe ses propres limites et conditionnalités. » Elle a insisté sur l’importance de la formation. À l’échelle nationale, le programme a formé 15 293 bénéficiaires, dont 325 femmes et 953 personnes handicapées.

Le préfet de Saint-Louis, Abou Sow, a salué l’action de la DER/FJ : « Je salue l’impulsion que vous avez donnée depuis votre prise de fonction, notamment la territorialisation des politiques publiques. » Il a souligné l’accompagnement renforcé : « Avant, les bénéficiaires de financements n’étaient pas assez suivis. Avec vous, ils reçoivent à la fois des fonds et un bon encadrement. » Il a appelé à un effort collectif sur le remboursement : « Nous devons aider le délégué à nous aider, en visant un taux de recouvrement de 95 %. » Une remise symbolique de financements à 14 GIE a eu lieu, suivie d’une visite des stands où ont été présentées des productions en maraîchage, transformation de produits locaux, restauration rapide et artisanat.

Louga : diversification des activités

À Louga, le bilan fait état de 541 bénéficiaires formés, 5 entreprises individuelles et 31 GIE financés, pour un financement total de 56 900 000 FCFA. Les emplois consolidés atteignent 315, avec un taux de remboursement de 84 %. Les financements en cours (34 millions FCFA pour 20 GIE) devraient créer 160 emplois. Le financement global s’élève à 90 900 000 FCFA pour 51 GIE et 5 entreprises individuelles, générant 475 emplois (71 % de femmes, 6 % de personnes handicapées). Les 541 personnes formées comprennent 72 % de femmes et 6 % de personnes handicapées. Le montant recouvré dépasse 8 millions FCFA.

Des bénéficiaires ont témoigné. Lamine Dieng, dans l’embouche bovine, a réalisé un chiffre d’affaires de plus de 2 millions FCFA. Le GIE « Unir pour travailler », actif dans l’agriculture, a élargi ses activités à la transformation et formé 20 femmes à la transformation de céréales locales. « Quand on soutient les femmes, on soutient la société », a affirmé son porte-parole.

Le Dr Aïssatou Mbodj a encouragé les femmes à se regrouper en GIE pour faciliter l’accès aux marchés, et a évoqué le projet « Baay Sa Waar » dans le cadre de la souveraineté alimentaire portée par le président Bassirou Diomaye Faye. Le préfet de Louga, Maude Manga, a félicité la DER pour le caractère inclusif du programme et a invité les bénéficiaires à honorer leurs engagements. Une remise symbolique de financements et d’avis d’immatriculation a eu lieu, mettant en avant la transformation de produits locaux, l’élevage et l’agriculture.

Kébémer : un taux de remboursement exceptionnel

À Kébémer, le taux de recouvrement atteint 99 %, plaçant le département en deuxième position après Bambey. Le bilan : 538 bénéficiaires formés, 4 entreprises individuelles et 31 GIE financés, pour un volume de 57 640 000 FCFA, consolidant 314 emplois. Les financements en cours (32,3 millions FCFA pour 19 GIE) devraient créer 190 emplois. Le financement global est de 89 940 000 FCFA pour 50 GIE et 4 entreprises individuelles, générant 504 emplois (75 % de femmes, 5 % de personnes handicapées). Sur 538 personnes formées, 77 % sont des femmes et 5 % des personnes handicapées. Le montant recouvré est de 8 115 685 FCFA.

Des témoignages ont souligné l’impact dans l’horticulture et l’aviculture. Le Dr Aïssatou Mbodj a salué « un taux qu’on ne voit nulle part ailleurs à part Kébémer ». L’adjointe au préfet, Khadidiatou Baldé, a invité à une gestion rigoureuse des fonds. Des avis d’immatriculation et des financements ont été remis, et la visite des stands a mis en lumière l’artisanat, la couture, le maraîchage et la transformation de produits locaux en jus.

Tivaouane : des résultats contrastés

Dernière étape, Tivaouane affiche un bilan plus mitigé. La première phase totalise 294 bénéficiaires formés, 41 entreprises individuelles et 22 GIE financés, pour un volume de 74 120 000 FCFA. Les emplois consolidés sont de 261, avec un taux de remboursement de 56 %. Les emplois créés sont majoritairement féminins (81 %) et incluent 5 % de personnes handicapées. Sur 294 personnes formées, 79 % sont des femmes et 3 % des personnes handicapées. Le montant recouvré est de 15 376 830 FCFA.

Un bénéficiaire a témoigné : « Avant la DER, on se débrouillait ou on errait dans les rues. Grâce à BE YES et à la formation, nous avons monté un projet d’élevage de poulets. Nous voulons conquérir le marché national, voire international. » Le Dr Aïssatou Mbodj a rappelé que la formalisation via l’avis d’immatriculation permet aux GIE de solliciter d’autres financements. Toutefois, avec un taux de remboursement de seulement 56 %, Tivaouane ne bénéficiera pas d’une deuxième phase. « Si les porteurs veulent pérenniser ce projet, il faut rembourser », a-t-elle insisté.

Le préfet Mamadou Gueye a remercié la DER et promis son implication, appelant les jeunes à rompre avec les anciennes pratiques en matière de crédit. La rencontre s’est achevée par une remise symbolique d’avis d’immatriculation et une visite des stands, où ont été présentés du café, des jus locaux, de l’artisanat et de la restauration rapide.