La Cour des comptes a lancé une mission de contrôle inédite sur la gestion des espaces naturels protégés (ENP) par les collectivités locales. Cette évaluation, qualifiée par L’Observateur de « test grandeur nature de la gouvernance environnementale locale », cible 16 communes réparties sur six sites naturels et porte sur une enveloppe globale de 115 milliards de francs CFA.
Une évaluation stratégique sur le terrain
Initiée dans le cadre du programme de contrôle adopté le 25 février dernier, cette opération mobilise une dizaine de vérificateurs déployés à travers le territoire. L’objectif est d’examiner, sur la période 2020-2024, « l’efficacité, l’efficience et l’économie des interventions locales » en matière de préservation des écosystèmes. Selon Amadou Ba Mbodji, président par intérim de la Chambre des collectivités territoriales, cité par le quotidien du Groupe Futurs Médias, cette mission « longuement préparée » constitue une avancée majeure dans le renforcement du contrôle de la performance publique.
Mamadou Faye, Premier président de la Cour des comptes, rappelle que cette initiative s’inscrit dans une dynamique d’élargissement des audits aux « enjeux émergents, notamment environnementaux ». Après un premier exercice consacré aux aires marines protégées en 2025, cette nouvelle mission confirme l’intérêt croissant de l’institution pour la gestion durable des ressources naturelles.
D’où viennent les 115 milliards de francs CFA ?
Ce contrôle s’appuie sur l’expertise accumulée depuis 2020 dans le cadre du Programme d’appui aux communes et agglomérations du Sénégal (PACASEN). La Chambre spécialisée indique avoir déjà examiné pas moins de « 735 dossiers déposés par les collectivités territoriales ».
Amadou Ba Mbodji souligne l’impact de ce dispositif sur la transparence : « Depuis le début de son intervention, la Chambre a évalué 735 dossiers déposés par les collectivités territoriales, contribuant de manière déterminante à la transparence et à l’équité du système d’allocation des ressources. Grâce à cette évaluation de performance menée par la Cour, les communes et villes participantes ont obtenu un financement de plus de 115 milliards ». Ces ressources ont été octroyées via le Fonds d’équipement des collectivités territoriales (FECT).
Rigueur méthodologique et respect du contradictoire
L’audit repose sur un cadre méthodologique strict, conforme aux « normes internationales ISSAI 300 et 3000 » ainsi qu’aux référentiels du Conseil régional de formation des institutions de contrôle d’Afrique francophone (CREFIAF). La procédure prévoit une collecte rigoureuse des données sur le terrain, suivie d’une « phase contradictoire permettant aux acteurs concernés de faire valoir leurs observations » avant la publication du rapport final.
