Le constat est sans appel. Selon Massata Ndao, Directeur de la gestion et de l’exploitation des fonds marins, la Baie de Hann et la zone de Yoff se classent en tête des zones les plus polluées du littoral de Dakar. Dans un entretien accordé au journal Le Soleil, il pointe une double cause principale : « une démographie galopante dans ces zones côtières » et des « infrastructures d’assainissement et de traitement des déchets inexistantes ou inadéquates ».

Pour la Baie de Hann, l’origine du mal est bien identifiée : des rejets industriels (chimiques, tanneries, abattoirs) et domestiques (eaux usées) le plus souvent sans aucun traitement. « Il faut savoir que 60% de l’industrie manufacturière sénégalaise est située le long de la Baie de Hann », rappelle Massata Ndao. Les habitations sans système d’évacuation déversent aussi leurs eaux usées dans les canaux de drainage d’eaux pluviales à travers des raccordements anarchiques. La pollution ne s’arrête pas aux effluents classiques. Elle est aussi chimique : « les métaux lourds affichent des concentrations dépassant largement les normes ». Enfin, la baie souffre également d’un amoncellement important de déchets plastiques aussi bien au niveau de la plage que dans les fonds marins.

De son côté, Yoff offre « une image peu reluisante depuis quelques années ». Sur place, les déchets ont atteint un tel degré que certaines parties du littoral font office de poubelles et induisent des impacts esthétiques et sanitaires désolants. Massata Ndao poursuit : « À quelques encablures du lieu de débarquement des pirogues, un grand égout contamine, par ses émissions liquides, l’eau de mer. Étant le point de rencontre de tous les canaux du village, cette conduite d’évacuation des eaux usées, à ciel ouvert, est aussi un endroit où sont déposés gravats, déchets plastiques, excréments de chevaux et moellons. »