Un calme précaire régnait, lundi matin, à Bamako et dans la ville-garnison de Kati, fief de la junte malienne, au lendemain de deux journées d’affrontements violents entre l’armée nationale et une coalition de groupes jihadistes alliés à des rebelles touareg séparatistes.

Le pays traverse une phase d’incertitude profonde. Le ministre de la Défense, Sadio Camara, a été tué, tandis que le chef de la junte, le général Assimi Goïta, reste invisible et ne s’est pas exprimé depuis le début des hostilités.

Le Mali se trouve plongé dans une crise sécuritaire majeure après une série d’attaques coordonnées d’une ampleur inédite, survenues samedi sur l’ensemble du territoire. Ces opérations ont visé des positions stratégiques de la junte, menées conjointement par les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM, affilié à Al-Qaïda) et par la rébellion indépendantiste touareg du Front de libération de l’Azawad (FLA).

Ce vaste pays d’Afrique de l’Ouest est en proie aux violences jihadistes et aux conflits armés depuis 2012. La junte militaire y a pris le pouvoir en 2020.

Après les combats intenses de samedi et dimanche entre l’armée et les groupes armés, le calme est revenu lundi matin à Bamako et à Kati, située à une quinzaine de kilomètres de la capitale. Ces deux villes ont été les principaux théâtres des affrontements.

À Kati, où les combats faisaient encore rage la veille, aucun coup de feu n’a été entendu lundi. En revanche, des débris de voitures calcinées et des impacts de balles étaient encore visibles dans la zone, témoignant de la violence des échanges, a constaté l’AFP.

Le calme régnait également aux abords de la zone aéroportuaire, dans le quartier périphérique de Sénou. Seuls quelques avions militaires effectuaient des rotations régulières.

« Nous avons procédé à des ratissages toute la nuit, ce qui nous a permis de réduire le nombre de check-points. Nous comptons désormais sur la population pour nous signaler toute personne suspecte dans les quartiers », a déclaré à l’AFP un officier présent à Sénou.

C’est dans ce même quartier que le ministre de la Défense, Sadio Camara, 47 ans, l’un des principaux responsables de la junte, a trouvé la mort samedi lors des attaques dites « terroristes ». Selon un communiqué gouvernemental publié dimanche soir, il a été tué « par un véhicule piégé conduit par un kamikaze » qui a visé sa résidence à Kati.

L’annonce officielle de la mort de M. Camara, originaire de cette ville, a plongé Kati dans le deuil. « C’est comme s’ils attaquaient la ville une seconde fois. Le choc est immense », a confié à l’AFP un habitant joint par téléphone.

Fatoumata sall