La société minière AfriGold tire la sonnette d’alarme. Des milliers d’orpailleurs étrangers, en majorité originaires du Mali, du Burkina Faso et de Guinée, occupent illégalement son périmètre minier de Karakhéna, dans la région de Kédougou. Selon Boubacar Dangnokho, responsable des ressources humaines, ces intrusions causent des pertes considérables à l’entreprise et à l’État sénégalais, sans qu’aucune réaction des autorités locales ne soit constatée malgré plusieurs plaintes déposées.

Les mineurs artisanaux ont largement dépassé les limites autorisées, creusant des galeries latérales et atteignant par endroits une profondeur de 100 mètres, au lieu des 15 mètres réglementaires. Cette pratique illégale, qui utilise compresseurs et explosifs, met gravement en danger la vie des orpailleurs eux-mêmes. Pourtant, AfriGold rappelle avoir été la première entreprise à céder bénévolement 27 hectares de son permis en 2013 pour créer un corridor d’orpaillage artisanal réservé aux Sénégalais.

Aujourd’hui, plus de 85 % des acteurs de cette zone sont des étrangers, et Karakhéna est devenue une véritable colonie représentant, selon AfriGold, une menace pour la sécurité nationale. La production illégale d’or y est estimée à 100 kg par mois, soit près de 10 800 tonnes sur les neuf dernières années, dont l’État n’a perçu aucun revenu. L’entreprise dénonce également des attaques répétées contre son personnel et ses équipements.

Face à l’impuissance de la gendarmerie locale, qui invoque un manque d’effectifs, AfriGold réclame une intervention urgente du gouvernement. « La situation est devenue trop complexe pour des agents de sécurité privée », a conclu M. Dangnokho, appelant à des mesures efficaces avant que l’exploitation illégale ne s’aggrave davantage.