La région de Thiès vient de franchir un tournant décisif dans la lutte contre la production illicite d’eau en sachet. Une opération d’envergure a permis le démantèlement d’un vaste réseau clandestin dans la cité du rail, aboutissant à l’arrestation de cinq individus. Aussitôt après ce coup de filet, les autorités ont organisé une réunion de crise pour assainir durablement ce secteur stratégique.
Ce mercredi 29 avril 2026, sur instruction du parquet, la Brigade régionale de l’hygiène et le Service régional du commerce ont réuni les principaux acteurs de la filière à Thiès. Objectif : coordonner la riposte face à l’explosion des unités illégales.
Saliou Sall, coordonnateur du Collectif des Acteurs de l’Eau filtrée du Sénégal (CAES-THIÈS), a salué la fermeté des autorités. Il a rappelé que ce démantèlement fait suite à une saisine directe du procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Thiès par les professionnels eux-mêmes, alarmés par les risques sanitaires liés à la prolifération des circuits parallèles.
Selon M. Sall, les professionnels avaient connaissance de l’existence de ces unités clandestines, mais leur action se limitait jusqu’ici à des alertes. La saisine du procureur a permis de lancer une enquête approfondie, débouchant sur les arrestations récemment relayées par Seneweb. Lors des échanges, plusieurs mesures ont été proposées pour sortir de l’anarchie, dont un recensement exhaustif des unités de production dans les trois départements de la région.
Le coordonnateur du CAES a vivement regretté la dégradation de la situation depuis plusieurs années. En 2020, 83 unités officielles étaient dénombrées dans la ville de Thiès. Or, depuis la suspension des autorisations, plus de 80 nouvelles unités se seraient installées en toute illégalité. Face à cette expansion incontrôlée, les acteurs légitimes du secteur appellent désormais l’État à instaurer un processus de régularisation, afin de garantir la qualité sanitaire des produits et de rétablir une concurrence équitable.
