Dès la rentrée prochaine, la grande majorité des étudiants originaires de pays hors Union européenne devront s’acquitter de droits d’inscription sensiblement plus élevés dans les universités françaises. Un décret publié mercredi par le ministère de l’Enseignement supérieur officialise cette hausse, qui concerne les frais différenciés instaurés en 2019 mais restés jusqu’ici largement inappliqués.

Le texte, paru au Journal officiel, prévoit toutefois une marge d’exonération : les universités pourront dispenser de ces frais « jusqu’à 20 % de leurs étudiants extra-communautaires ». Cette capacité sera mise en place progressivement, avec un premier plafond fixé à 30 % dès la prochaine rentrée, puis ramené à 25 % en 2027.

Cette mesure s’inscrit dans le cadre du nouveau plan « Choose France For Higher Education », présenté le 20 avril par le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste. Ce dernier avait alors annoncé son intention de faire appliquer strictement les droits différenciés pour les étudiants hors UE, une disposition prévue depuis 2019 mais restée peu effective.

Concrètement, les étudiants non-européens devront désormais payer 2 895 euros par an en licence (contre 178 euros actuellement) et 3 941 euros en master (contre 254 euros).

Le décret précise également les situations des étudiants déjà bénéficiaires d’une exonération : ceux qui en ont obtenu une pour l’année 2025-2026 la conserveront « jusqu’au terme de leur cycle universitaire », à condition de poursuivre les mêmes formations dans le même établissement. De même, les exonérations accordées pour 2026-2027 avant l’entrée en vigueur du texte restent valables.

Cette décision suscite déjà une opposition syndicale. Après un premier rassemblement ayant réuni quelques centaines de personnes le 12 mai, une intersyndicale a appelé à une nouvelle mobilisation le 26 mai, dénonçant une mesure « injuste et incohérente ».

Le gouvernement justifie cette réforme par une logique de rééquilibrage financier. Les autorités estiment également que cette augmentation renforcerait la valeur perçue des diplômes français et permettrait d’attirer des profils à fort potentiel ou disposant de ressources suffisantes, s’inspirant d’une approche proche de celle adoptée par certains pays anglo-saxons.

FATOUMATA SALL