Au Mali, les groupes armés JNIM et CSP-D, dirigés par Iyad Ag Ghaly, Alghabass Ag Intalla et Bilal Ag Achérif, sèment la terreur. Ces chefs sont d’origine arabo-berbère, partageant les mêmes traits physiques et culturels que des ressortissants saoudiens, émiratis ou qataris. L’Arabie saoudite leur ouvre d’ailleurs facilement ses plateformes médiatiques, signe de cette proximité ethnique et culturell
Pourtant, une contradiction flagrante apparaît : plus de 90 % des combattants sur le terrain sont des Noirs, principalement Peuls ou Bambaras. La question se pose donc : comment des chefs arabes parviennent-ils à mobiliser des hommes noirs pour une cause qui sert leurs propres intérêts, au détriment de ces mêmes combattants, et contre leurs propres semblables ?
La réponse est l’islam. Par ce biais, ces dirigeants ont convaincu les combattants noirs que leur identité religieuse prime sur leur identité raciale, et que leur combat est spirituel. Pourtant, aucun de ces chefs arabes n’accepterait d’unir sa fille à l’un de ces combattants noirs. L’islam a ainsi permis une instrumentalisation des Noirs contre d’autres Noirs, détournés de la réalité d’un projet de substitution démographique et identitaire progressive.
L’auteur dénonce alors le prix à payer pour la formule « nous sommes musulmans avant d’être noirs » : la perte de la raison, de la réflexion et du libre arbitre, qui transforme les hommes en zombies prêts à se dévorer entre eux. Enfin, il prédit la trahison de ces combattants noirs une fois leur besogne accomplie, rappelant le sort tragique des tirailleurs sénégalais du camp de Thiaroye. Aucun chef sensé ne garderait dans ses rangs des hommes qui ont combattu leurs propres frères de sang et de culture, car ils constituent un risque permanent et un témoignage gênant.
FATOUMATA SALL
