À quelques jours des épreuves du Certificat de fin d’études élémentaires (CFEE), prévues les 17 et 18 juin 2026, de nombreux parents s’interrogent encore sur les critères qui détermineront le passage de leur enfant du CM2 à la 6e. En cause : l’absence d’un arrêté officiel précisant les modalités de transition, alors qu’une réforme majeure a supprimé l’ancien concours d’entrée en sixième.

Instauré par le décret n°2026-1112 du 21 mai 2026, le CFEE devient le diplôme unique sanctionnant la fin du cycle élémentaire au Sénégal. Il remplace désormais le concours d’entrée en 6e, une mesure censée améliorer l’accès au moyen secondaire et réduire les inégalités liées aux examens sélectifs précoces.

Concrètement, le CFEE est entièrement organisé au sein des centres d’examen, de la tenue des épreuves à la publication des résultats. Sont déclarés admis les candidats obtenant une moyenne d’au moins 5 sur 10 sur l’ensemble des épreuves.

Cependant, c’est l’article 20 du décret qui suscite aujourd’hui les interrogations. Placé dans le chapitre V, il précise que « les conditions de passage en classe de 6e de l’enseignement moyen général ou dans les structures de la formation professionnelle sont définies par arrêté ». Or, à quelques jours des épreuves, cet arrêté n’a toujours pas été publié.

Lors d’un comité régional de développement consacré aux examens scolaires, des parents ont exprimé leurs doutes : la transition vers la 6e sera-t-elle automatique après la suppression du concours ? Dépendra-t-elle uniquement de la réussite au CFEE ou bien faudra-t-il aussi prendre en compte la moyenne annuelle des compositions ? Et surtout, un élève peut-il accéder à la 6e sans obtenir le diplôme ?

À ce jour, aucune réponse officielle n’a été apportée. Du côté des autorités éducatives, on indique que « la question a été traitée entre acteurs, et des décisions ou propositions ont été transmises à l’autorité centrale, qui prendra la mesure ». En clair, il faut encore attendre.

Avant la suppression du concours, certaines académies s’appuyaient déjà sur l’obligation de la scolarisation de dix ans, prévue par la loi 2004-37, pour faire passer des élèves en 6e – y compris ceux qui, bien qu’ayant réussi au CFEE, n’avaient pas été retenus à l’ancien concours. Cette loi garantit en principe à tout élève le droit de poursuivre sa scolarité jusqu’à la 3e sans exclusion.

Pour l’inspecteur d’académie de Matam, la suppression du concours répond aujourd’hui à une réalité nouvelle : « Auparavant, c’était la loi de la place, la loi du nombre. On manquait de collèges, il fallait filtrer. Maintenant, ce contexte a changé, et nous évoluons aussi vers une approche par les compétences. »

Sur le fond, cette réforme marque un tournant important. En supprimant la sélection à l’entrée en 6e, le Sénégal cherche à lever les obstacles à la persévérance scolaire, à s’aligner sur les objectifs de développement durable et à s’inscrire dans la dynamique du plan Sénégal 2050. L’objectif affiché est clair : construire un système éducatif plus inclusif, moins compétitif à un âge trop précoce, et davantage tourné vers la progression naturelle des élèves.

Reste une inconnue pratique de taille : comment concilier l’obtention d’un diplôme final avec la volonté d’éviter les ruptures de parcours ? En l’absence d’arrêté, parents et enseignants retiennent leur souffle. La réponse, espérée dans les tout prochains jours, déterminera les conditions réelles de la rentrée prochaine en 6e.