Un scandale sanitaire secoue l’hôpital Mame Abdou Aziz Sy Dabakh de Tivaouane. Une affaire de trafic de médicaments hautement contrôlés, impliquant un agent de sécurité et un marchand ambulant, a conduit à deux arrestations, révèle Libération
Tout commence le mercredi 10 juin, au poste de police de Nguinth, à Thiès. Le président des pharmaciens privés de la ville, également propriétaire de la « Pharmacie Rond-Point Nguinth », donne l’alerte : un client au comportement suspect tente d’acheter de l’Alpraz 1 mg sur ordonnance, alors qu’il s’était déjà présenté la veille pour le même produit. Problème : ce médicament, une benzodiazépine aux effets anxiolytiques puissants, est soumis à une réglementation stricte.
L’homme, identifié comme El H. S. Cissé, marchand ambulant, tente d’abord de justifier son achat par des « troubles du sommeil ». Mais lors de son interpellation, les policiers découvrent sur lui sept fausses ordonnances portant le cachet du docteur Mamadou Ka, une plaquette de 14 comprimés d’Alpraz, une boîte de 11 comprimés de Lexomil 6 mg, et surtout la somme de 740 000 F CFA. L’exploitation de son téléphone révèle dix autres photos d’ordonnances similaires.
Sous la pression des enquêteurs, Cissé dénonce son complice : un agent de sécurité de l’hôpital, surnommé « Capitaine », identifié comme M. N. Ndiaye. Sur instruction du procureur de Thiès, une opération est menée à l’hôpital de Tivaouane. Le vigile avoue tout et détaille le stratagème : il a récupéré un cachet du docteur Ka dans l’enceinte de l’hôpital, dérobé des ordonnances vierges dans le bureau des médecins, puis rédigé de fausses prescriptions de psychotropes, revendues ensuite à son complice.
Une perquisition à son domicile permet de saisir le tampon nominatif du médecin – dont l’orthographe approximative trahit le faux. Les deux hommes ont été placés en garde à vue pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux, vol, exercice illégal de la médecine, et infractions à la législation sur les stupéfiants. L’enquête se poursuit pour identifier d’éventuels autres complices.
FATOUMATA SALL
