Un nouveau chapitre s’ouvre pour le contrôle des finances publiques au Sénégal. Abdoul Madjib Guèye, magistrat financier hors pair, vient d’être officiellement installé à la présidence de la Cour des comptes. Fort de près de quatre décennies d’expérience au sein de l’institution, il hérite d’une mission cruciale : consolider la transparence budgétaire et moderniser la reddition des comptes, alors que le pays s’engage dans de profondes réformes de gouvernance.

Un parcours exemplaire au service de l’État

Diplômé de l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM), major de sa promotion, titulaire d’un Diplôme supérieur comptable et d’une maîtrise en sciences économiques, Abdoul Madjib Guèye incarne l’excellence et la continuité. Il a gravi un à un tous les échelons de la haute magistrature financière, devenant au fil des ans l’une des mémoires vivantes de la Cour.

Mais son rôle ne s’est pas limité à un parcours administratif. Il est aussi l’un des principaux artisans de l’institution telle qu’elle existe aujourd’hui. Il a notamment contribué à la rédaction de ses textes fondateurs, piloté la révision de sa loi organique et supervisé l’élaboration de son premier Plan stratégique ainsi que de son schéma directeur informatique.

Une expertise reconnue au-delà des frontières

Son savoir-faire a également rayonné à l’international. Abdoul Madjib Guèye a collaboré avec la Cour des comptes française, le Bureau du vérificateur général du Québec, et mené des missions d’audit pour la FAO au Mozambique. Une ouverture qui témoigne de sa capacité à inscrire le Sénégal dans les standards internationaux du contrôle public.

Des fonctions clés pour une maîtrise totale des enjeux publics

Avant d’accéder à la présidence, il dirigeait depuis 2014 la Chambre des entreprises publiques. À ce poste, il a supervisé plus d’une cinquantaine de missions d’audit, de contrôle de conformité, de performance et de gestion financière, contribuant à assainir et rationaliser les deniers alloués au secteur parapublic.

Entre 2006 et 2014, en tant que Secrétaire général de la Cour, il avait déjà orchestré la modernisation de l’institution, pilotant les grands chantiers administratifs, RH et budgétaires.

Un regard acéré sur les grands dossiers nationaux

Dès 1996, son regard critique de magistrat et de commissaire aux comptes s’était porté sur des entités stratégiques : Université Gaston Berger, LONASE, COSEC, Commissariat à la sécurité alimentaire, CROUSS de Saint-Louis, ou encore la gestion des fonds de la Fédération sénégalaise de football lors de la CAN et du Mondial 2002. Des expériences qui lui ont forgé une connaissance intime des rouages du secteur public.

Une nouvelle ère pour la transparence

Élevé à la dignité de Grand officier de l’Ordre du Mérite, Abdoul Madjib Guèye prend ses fonctions dans un contexte où les attentes citoyennes en matière de lutte contre la corruption, d’efficacité de la dépense publique et de transparence n’ont jamais été aussi fortes.

Fin connaisseur de la gestion axée sur les résultats et expert en détection de fraude, il aura pour défi de donner un nouvel élan aux corps de contrôle, d’assurer la publication régulière des rapports publics et de préserver l’indépendance de la juridiction face aux enjeux de développement du Sénégal.

Avec lui, c’est toute une institution qui se prépare à écrire un nouveau chapitre de son histoire, sous le signe de la rigueur et de l’exemplarité.