Une célébration en demi-teinte. Alors que la Journée mondiale sans tabac 2026 était présentée comme un temps fort de la prévention, l’édition dakaroise a tourné au vinaigre. En cause : le forfait de dernière minute du ministre de la Santé et de l’Action sociale, Ibrahima Sy, attendu comme la pièce maîtresse de la cérémonie officielle qui s’est tenue ce lundi dans la capitale.

Pourtant, la salle affichait complet. Autorités administratives, élus locaux, parlementaires, soignants, enseignants, élèves, étudiants, journalistes et partenaires techniques étaient tous présents pour marquer leur engagement contre le tabagisme. Seul manquait à l’appel celui dont la présence avait été annoncée comme centrale : le ministre Ibrahima Sy.

Un « mauvais signal » pour les acteurs de terrain

Pour la Ligue sénégalaise contre le tabac (LISTAB) et ses alliés de la société civile, cette défection n’est pas anodine. D’autant que la date de l’événement avait été fixée par le ministre lui-même, après plusieurs reports successifs qui avaient déjà irrité les militants. Son absence, au dernier moment, est vécue comme une désaveu.

Dans un communiqué acerbe, les organisations s’interrogent ouvertement : « La lutte contre le tabac est-elle encore une priorité pour le ministère de la Santé ? » Une question qui en dit long sur le malaise accumulé. Les associations déplorent un manque criant d’implication des autorités sanitaires, rappelant qu’en plus de deux ans de mandat, Ibrahima Sy n’aurait présidé qu’une seule réunion dédiée à ce dossier.

Des textes qui tardent, des jeunes qui s’exposent

Au-delà du symbole, ce sont des retards concrets qui inquiètent. Les acteurs réclament depuis des mois la publication de textes réglementaires attendus pour encadrer la chicha et les cigarettes électroniques, des produits de plus en plus prisés par les jeunes. Chaque mois qui passe, dénoncent-ils, est un cadeau fait à l’industrie du tabac et de la nicotine, au détriment de la santé publique.

Malgré tout, la mobilisation continue

Déçus mais pas vaincus, les membres de la LISTAB et leurs partenaires assurent qu’ils ne baisseront pas les bras. Ils promettent de redoubler d’efforts pour que la protection des enfants et des adolescents reste une priorité nationale, et appellent à une prise de conscience des plus hautes autorités. Car pour eux, le combat contre le tabac ne saurait attendre le bon vouloir d’un agenda ministériel.

Mathias