Une mère brise enfin l’omerta. Ce jeudi, devant le Tribunal d’instance de Mbour, B. Sall a livré un témoignage bouleversant, décrivant des années de souffrance infligées par celui qui aurait dû être son soutien : son propre fils, A. Thioune, âgé de 21 ans, agent municipal et vigile de profession. Poursuivi pour violences et injures envers sa génitrice, le jeune homme comparaissait pour des faits qui ont secoué le voisinage.
Tout a basculé la veille de la Tabaski, selon le récit rapporté par L’Observateur. Ce jour-là, le déjeuner ayant pris du retard, le prévenu est entré dans une colère noire. Insultes, puis coups de poing : la sexagénaire a été rouée de coups sous les yeux impuissants de ses proches. Il a fallu l’intervention courageuse de voisins pour arracher la victime des griffes de son agresseur et mettre fin à ce qui s’apparentait à une scène de guet-apens familial.
À la barre, la mère a vidé son sac. Avec une dignité poignante, elle a dépeint un quotidien cauchemardesque, rythmé par la peur et l’humiliation. Elle a confié que son fils, bien qu’il perçoive un salaire fixe, ne daigne lui remettre que 10 000 FCFA par mois pour couvrir l’ensemble des dépenses du foyer. Le reste de ses revenus, a-t-elle déploré, est englouti dans l’alcool et les stupéfiants, des substances qui avivent sa violence et transforment le domicile familial en un véritable enfer.
Face aux juges, A. Thioune n’a pas nié les faits. Il a tenté de se retrancher derrière son addiction à la drogue pour expliquer ses excès de violence. Une défense fragile qui n’a convaincu ni le procureur, ni le président du tribunal, visiblement marqués par la gravité des récits et la détresse de la victime.
À l’issue des débats, le jeune agent municipal a été placé sous mandat de dépôt. Il devra attendre le 2 juillet prochain pour connaître son sort, date à laquelle le tribunal rendra son délibéré. En attendant, cette affaire choquante rappelle avec force les ravages des addictions et l’urgence de briser le silence sur les violences intrafamiliales, y compris celles qui prennent racine sous le toit même des foyers.
Mathias
