Le poids des souvenirs a fini par peser trop lourd. Battus 3-1 par la France pour leur entrée en lice dans cette Coupe du monde, les Lions du Sénégal ont quitté la pelouse avec un goût amer. Mais pour leur capitaine Kalidou Koulibaly, l’explication de cette défaite ne tient pas seulement à des erreurs tactiques ou à l’adversité du soir. Elle est aussi, et surtout, mentale.

Interrogé par RFI après la rencontre, le robuste défenseur central n’a pas mâché ses mots. Il pointe du doigt un mal qui rongeait le groupe depuis plusieurs jours : l’obsession collective pour le match de 2002, celui de la légendaire victoire des Lions contre les Bleus. « On a trop pensé à 2002 », a-t-il lâché, dépité. Selon lui, cette comparaison permanente, alimentée par les médias et le public, a agi comme une pression supplémentaire, drainant une « énorme énergie mentale » qui aurait dû être consacrée à la préparation du match.

Le capitaine sénégalais décrit une équipe prisonnière de son histoire, paralysée par un passé glorieux qui a empêché les joueurs de se concentrer sur le présent. « Tout le monde en parlait, ça a perturbé notre concentration », a-t-il regretté, soulignant que ce contexte a empêché son équipe de jouer libérée, comme elle sait si bien le faire.

Mais loin de céder à la morosité, Kalidou Koulibaly a immédiatement tourné la page. Pour lui, ce revers doit être rangé dans les archives et servir de leçon. Le capitaine a appelé ses coéquipiers à serrer les rangs, à puiser dans leur orgueil et à ne regarder désormais que vers l’avant. Un seul objectif : se remobiliser à 200 % pour le choc face à la Norvège, une rencontre déjà décisive pour la suite du parcours des Sénégalais dans cette compétition.

Le message est clair : le Sénégal n’a pas le droit de s’apitoyer sur son sort. Si le fantôme de 2002 a plané trop longtemps, l’heure est désormais au réalisme et à la reconquête. Les Lions ont montré par le passé qu’ils savaient rebondir. Reste à transformer cette frustration en énergie positive pour le prochain rendez-vous.

Mathias