Un coup de filet qui sonne comme un avertissement. La Brigade nationale de lutte contre la piraterie et la contrefaçon (BNIPC), épaulée par l’Agence de régulation pharmaceutique (ARP), a passé au peigne fin, hier, une boutique de Pikine répondant au nom évocateur de « Manhattan Boutique ». Derrière cette vitrine anodine se cachait en réalité un vaste réseau de vente illicite de produits de santé, mis hors d’état de nuire en une seule opération.

Sur les étagères, les enquêteurs ont fait main basse sur un butin saisissant : des anti-inflammatoires, des antalgiques, des laxatifs, mais aussi des compléments alimentaires et des produits cosmétiques soumis à des normes rigoureuses. Tous étaient des contrefaçons, soigneusement présentés pour tromper l’œil du consommateur. Selon l’ARP, la valeur totale de la marchandise saisie frôle les 35 millions de francs CFA, une manne qui illustre l’ampleur du trafic.

À la tête de ce commerce parallèle, D. Guèye, un jeune homme de 22 ans qui se présente comme simple commerçant. Interpellé sur les lieux, il a livré aux enquêteurs une version pour le moins surprenante : les produits lui seraient expédiés directement depuis les États-Unis par son propre père. Une déclaration que les autorités prennent avec des pincettes, tant l’affaire soulève de questions sur la filière d’approvisionnement et les complicités éventuelles.

Place désormais à la procédure judiciaire. Le suspect a été transféré au siège de la BNIPC, où il attend les réquisitions du parquet. Pendant ce temps, les enquêteurs s’attellent à remonter la piste américaine, afin de déterminer si ce réseau dépasse les frontières de Pikine et si d’autres complices sont impliqués dans ce dangereux trafic qui met en péril la santé publique.

Mathias