La composition du gouvernement dirigé par le Premier ministre El Aminou Lo suscite des critiques, notamment en raison de la faible représentation des femmes. Avec seulement quatre femmes au sein de l’équipe gouvernementale, comme dans le précédent exécutif, cette situation est vivement dénoncée par l’enseignante-chercheuse Fatoumata Bernadette Sonko.
Dans un entretien accordé à Seneweb, la spécialiste en sciences de l’information et de la communication au Centre d’études des sciences et techniques de l’information (CESTI/UCAD) estime que cette sous-représentation s’inscrit dans une continuité historique. Selon elle, les différents gouvernements qui se sont succédé au Sénégal ont toujours accordé une place marginale aux femmes dans les sphères du pouvoir.
Auteure de l’ouvrage Femmes sous silence au Sénégal. Une fabrique du patriarcat, Fatoumata Bernadette Sonko considère que cette réalité traduit la persistance d’un patriarcat profondément enraciné. Elle affirme que les femmes demeurent largement minoritaires au sein des gouvernements et se voient souvent confier des ministères jugés moins stratégiques, à l’exception des rares femmes ayant accédé à la Primature.
Pour l’universitaire, cette situation reflète un système marqué par la misogynie et un entre-soi masculin au sommet de l’État, qui continue de reléguer les femmes au second plan malgré leur poids démographique.
Si elle reconnaît les progrès réalisés ces dernières années, notamment en matière d’accès des femmes aux instances de décision, elle estime que ces avancées restent insuffisantes. Elle plaide ainsi pour des procédures de nomination fondées sur des critères d’équité, de compétence et de transparence, affranchies de toute considération partisane ou de discrimination liée au genre.
MATHIAS
