Avant le grand retour de Macky Sall, c’est déjà la fièvre à Dakar. L’ancien président, aujourd’hui candidat à la tête de l’ONU, pose ses valises ce vendredi après-midi au Sénégal. Mais si l’homme est encore dans les airs, son épouse, elle, est déjà en terre – et elle a fait souffler un vent de folie sur le siège de l’APR.
Dans sa parution du jour, Les Échos raconte une scène presque irréelle : la permanence du parti, pourtant habituée aux grandes marées humaines, s’est retrouvée bien trop exiguë dès la veille. Militants en transe, jeunes en bande, femmes mobilisées, anciennes figures du régime… Tout ce petit monde a pris d’assaut les lieux, transformant le QG en véritable cocotte-minute. L’ambiance ? Une fièvre de carnaval, ponctuée par les tambours et les voix envoûtantes des griots traditionnels.
Mais le vrai pic d’intensité, c’est quand Marième Faye Sall a fait son entrée. Là, les choses se sont gâtées – dans le bon sens du terme. Selon le quotidien, la dame a littéralement dû jouer des coudes pour fendre la foule, tant les militants, surexcités, se pressaient pour l’approcher. Refusant de rester en retrait, elle a plongé dans le bain, dansant au rythme des chansons dédiées à son mari avec une énergie communicative. « Elle a mis le feu, elle s’est dépensée sans compter », souffle le journal, qui salue au passage sa spontanéité et cette proximité naturelle qui ne l’a jamais quittée.
Petite anecdote qui en dit long : son cortège a même été bloqué quelques minutes dans la rue… non pas par des opposants, mais par des taximen et des badauds venus lui réclamer haut et fort le retour de Macky. Un signal fort, que Les Échos interprète comme le reflet d’un étrange paradoxe sénégalais. Car au Sénégal, les chefs d’État semblent vieillir comme le bon vin. Abdou Diouf, Abdoulaye Wade, jadis conspués, sont aujourd’hui accueillis en héros à chaque escapade. Et Macky Sall, à voir l’émotion qui monte, semble en passe de connaître le même sort : celui d’un homme que l’on a quitté sans pleurer, mais que l’on semble soudainement désirer revoir.
MATHIAS
