Les faits remontent à quelques jours, mais ils ont valu à M. Faye une comparution express devant le tribunal des flagrants délits de Thiès. À la barre, ce jeune homme, apprenti chauffeur, n’a pas cherché à nier l’évidence : alors qu’il était au volant, il a heurté un enfant. Problème ? Il n’avait ni permis valable, ni assurance. Une addition lourde de conséquences.
À l’audience, la voix basse, il a tenté d’expliquer sa présence dans ce véhicule. Pas pour faire le fou ou rouler pour le plaisir, assure-t-il. « La voiture était en panne. Je suis allé la récupérer pour la ramener chez son propriétaire », a-t-il plaidé. Simple mission de dépannage, en apparence. Mais sur le chemin, le contrôle lui a échappé. « J’ai légèrement heurté un enfant. Il est blessé », a-t-il reconnu, sans minimiser la gravité de son geste.
De son côté, la famille de la petite victime, représentée à la barre par N. Faye, a tenu à rassurer le tribunal : l’enfant va mieux, heureusement. Elle a toutefois demandé une compensation de 30 000 FCFA pour les dommages subis. Une somme modeste, presque symbolique, comparée au traumatisme vécu par l’enfant et ses proches.
Le procureur, lui, a été plus sévère dans ses réquisitions. Il a réclamé trois mois de prison avec sursis et une amende de 100 000 FCFA. Un signal fort adressé à tous ceux qui prendraient le volant sans respecter les règles élémentaires de sécurité.
Mais le juge est allé encore plus loin. Après avoir reconnu M. Faye coupable de conduite sans permis, défaut d’assurance et mise en danger de la vie d’autrui, le tribunal a rendu une décision qui a fait l’effet d’une douche froide dans la salle : six mois de prison, dont un mois ferme. En plus de cette peine, l’apprenti chauffeur devra s’acquitter d’une amende de 50 000 FCFA et verser les 30 000 FCFA réclamés par la partie civile.
Derrière les chiffres et les verdicts, c’est une vie qui bascule. Un jeune homme, peut-être en train d’apprendre son métier, se retrouve derrière les barreaux pour une erreur de parcours qui aurait pu coûter bien plus cher. L’affaire rappelle, avec la dureté de la loi, que la route ne pardonne pas les imprudences – surtout quand on n’est pas en règle. Et que la panne, aussi imprévue soit-elle, n’excuse pas tout.
MATHIAS
