Il est à la fois père et figure publique. Et ce lundi, Mame Makhtar Guèye, vice-président de Jamra, a brisé le silence. Pas pour défendre sa fille coûte que coûte, mais pour poser les mots justes, entre douleur personnelle et exigence citoyenne.

Son enfant, F. B. Guèye, est actuellement dans la tourmente. Son nom apparaît dans une sombre affaire de trafic international de cocaïne et d’actes contre nature. Une accusation lourde, qui a secoué le foyer comme l’entourage du responsable associatif.

Dans les colonnes de L’Observateur, Mame Makhtar Guèye ne joue pas la carte de l’indignation aveugle. Il transmet d’abord la parole de sa fille : « Elle dit qu’elle a été piégée. » Un cri qu’il relaie, sans pour autant en faire un rempart. Le père refuse de substituer son jugement à celui de la justice. Il réclame même une procédure « exemplaire » – pas de passe-droit, pas de favoritisme. « Il ne doit y avoir ni deux poids ni deux mesures », martèle-t-il.

Pour lui, cette épreuve est intime, viscérale. Mais elle ne fissure en rien son engagement militant. Bien au contraire. Il assure que cette tempête familiale renforce sa conviction profonde : la lutte pour l’éthique et la rigueur ne s’arrête pas à la porte de sa maison. Il en appelle aux autorités judiciaires et aux forces de l’ordre pour pousser les investigations « sans faiblesse ni complaisance ».

Dans ses confidences, il dessine aussi le portrait d’une fille qu’il croyait connaître : une jeune femme aimante, proche des siens, qui prenait des cours d’anglais pour se rêver une carrière dans l’événementiel. Un projet de vie, des espoirs, et soudain, ce gouffre. Il avoue n’avoir jamais imaginé une seconde qu’elle puisse se retrouver mêlée à une affaire de cette ampleur.

Mais le militant reprend vite le dessus. Sa conclusion est sans appel : si les faits sont avérés, il ne demande aucune clémence. Bien plus, il va jusqu’à réclamer une sévérité accrue. « La justice doit être encore plus sévère avec elle qu’avec n’importe qui d’autre », lance-t-il, comme pour sceller un pacte avec sa propre conscience.

Un père déchiré, un homme intègre. Une prise de parole rare, où l’amour filial dialogue avec le sens du devoir.

MATHIAS