La Chambre criminelle de Pikine-Guédiawaye a examiné, ce jeudi 23 juillet, le dossier d’A. Diouf, un transporteur de 44 ans poursuivi pour viol sur son ancienne receveuse de bus. Les faits, qui remontent à août 2023, continuent de susciter de vifs débats. Le ministère public a requis une peine de 10 ans de réclusion criminelle, tandis que la défense réclame son acquittement.

À l’audience, l’accusé a une nouvelle fois rejeté les accusations. Il affirme qu’il entretenait une relation amoureuse avec la plaignante et soutient que leur présence dans une auberge de Malibu Plage était consentie. Une version catégoriquement contestée par la jeune femme, qui maintient avoir été contrainte à un rapport sexuel sous la menace.

Selon son témoignage, son employeur l’avait invitée à le rencontrer pour discuter d’une suspension de travail. Il l’aurait ensuite conduite dans une auberge où, malgré ses refus, il l’aurait agressée sexuellement.

Le gérant de l’établissement, entendu comme témoin, a déclaré avoir entendu des cris provenant de la chambre. Il affirme avoir vu la plaignante sortir en pleurs en lui disant qu’elle venait d’être violée. Il a également indiqué que l’accusé lui avait expliqué qu’il s’agissait d’une relation consentie avant de remettre de l’argent à la jeune femme pour son transport.

De son côté, l’expertise médicale a relevé une ancienne déchirure hyménale, sans permettre à elle seule de trancher sur les circonstances des faits.

Pour le procureur, les éléments du dossier, notamment les menaces dénoncées par la plaignante et le lien de subordination entre les deux protagonistes, justifient une condamnation à 10 ans de réclusion criminelle.

La défense, elle, estime qu’aucune preuve matérielle ne permet d’établir le viol. Les avocats soutiennent la thèse d’une relation consentie et évoquent une tentative d’obtenir de l’argent de la part de la plaignante.

Le jugement a été mis en délibéré. La décision de la Chambre criminelle est attendue le 4 août 2026.

MATHIAS