Mars 2024. Deux hommes, un même combat, un immense espoir. Bassirou Diomaye Faye devient président de la République. Ousmane Sonko est nommé Premier ministre. Dans tout le Sénégal, un slogan résonne : « Sonko moy Diomaye, Diomaye moy Sonko ». Deux ans plus tard, cette alliance que beaucoup croyaient indestructible s’est brisée. Que s’est-il passé ?

Tout commence en 2014, avec la création du parti Pastef. Ousmane Sonko et ses compagnons veulent transformer le pays, lutter contre la corruption et renforcer la souveraineté nationale. Très vite, Sonko devient le visage du mouvement. Bassirou Diomaye Faye, lui, participe à la construction du parti et à son organisation. Deux hommes, un projet, une ambition commune.

Les années suivantes sont marquées par de fortes tensions politiques et par des procédures judiciaires. Les deux hommes connaissent la prison. Puis la candidature d’Ousmane Sonko est rejetée. Il fait alors un choix décisif : confier à Diomaye le soin de porter leur projet. Le 24 mars 2024, le pari est gagné. Bassirou Diomaye Faye remporte l’élection présidentielle avec 54,28 % des suffrages exprimés. Dans les rues, c’est la joie. Le Sénégal croit au changement.

Mais une fois au pouvoir, la réalité rattrape les vainqueurs. En 2024, les autorités annoncent avoir découvert une dette publique bien plus élevée que les chiffres déclarés auparavant. Le FMI suspend alors son programme de financement. Les marges de manœuvre de l’État se réduisent. Pendant ce temps, les Sénégalais attendent des emplois, des projets concrets et une vie moins chère. L’impatience grandit.

Peu à peu, des différences apparaissent au sommet de l’État. La façon d’exercer le pouvoir et le choix de la stratégie économique nourrissent les questions. Après son départ de la Primature, Ousmane Sonko affirme sur France 24 qu’il ne disposait pas de tous les leviers du pouvoir. Ces mots relancent le débat : qui était responsable de quoi ?

En mai 2026, le divorce est consommé. Bassirou Diomaye Faye met fin aux fonctions d’Ousmane Sonko. Ahmadou Al Aminou Lô prend la tête du gouvernement, et plusieurs responsables de l’ancienne équipe ne sont pas reconduits. Sonko, de son côté, retrouve un rôle central à l’Assemblée nationale. L’alliance qui avait porté leur victoire appartient désormais au passé.

La rupture prend une nouvelle dimension en juillet 2026. Bassirou Diomaye Faye lance Kiiraay, Les Patriotes républicains. Ce nouveau parti est une étape importante dans son affirmation politique. Porté au pouvoir par une candidature soutenue par Sonko et Pastef, le président ouvre désormais sa propre voie. Le tandem historique laisse place à deux trajectoires distinctes.

Pendant ce temps, les discussions avec le FMI continuent. Et les Sénégalais se posent des questions simples. Les projets annoncés verront-ils le jour ? L’emploi et le coût de la vie vont-ils s’améliorer ? Cette séparation permettra-t-elle de relancer l’économie ? Au-delà des rivalités entre dirigeants, les populations veulent des résultats concrets.

En 2024, Sonko et Diomaye incarnaient un immense espoir. Aujourd’hui, leurs chemins sont séparés. Le président devra rassembler, répondre aux attentes sociales et obtenir des résultats. Le gouvernement devra montrer qu’il sait redresser les finances publiques. Car au-delà des deux hommes, c’est l’avenir du Sénégal qui est en jeu.

Deux hommes. Un projet. Une rupture. Un peuple en attente de réponses.

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